Hey, tu me reconnais pas ?
— Isabelle Benvenuti




Collage    Isabelle Benvenuti

Le spécisme  se définit par : « la discrimination d’individus fondée sur le critère de l’espèce, que ce soit pour les rapports humains-animaux ou entre les animaux directement ».1 Mais d’où cela provient-il ? A quel moment l’homme a-t-il décidé qu’une vache était moins importante qu’un chat ? Sur quels critères se base-ton ?
La culture, propre à chaque régions ou pays du monde, en est bien évidemment une des causes majeures. Cependant, au cours des dernières années, la place des animaux a beaucoup évolué, ou plutôt changée, car notre façon de les percevoir a elle aussi évolué. Ce changement se passe en même temps que le développement des technologies de communication (télévision, smartphones, etc...) et de la consommation agro-alimentaire. Ceci est possible tout simplement parce que ces deux phénomènes ont un point commun : la publicité, et donc indirectement le graphisme.

De nos jours, les publicités sont omniprésentes, qu’elles soient sous forme de vidéos, affiches, fanzines, etc… Ce flux constant d’images et d’informations ne peut qu’influencer notre vision et nos pensées sans que l’on ne le remarque vraiment. C’est pourquoi d’ailleurs le graphisme a toujours été un des instruments clefs pour toutes dictatures, campagnes électorales, ect… Et il ne peut que donc influencer notre rapport que nous avons pour les animaux. Mais en quoi le graphisme a-t-il aidé à l’implantation ou le développement du spécisme chez l’être humain ?


Sur ces deux affiches anti-spécistes, on peut observer différents points. Le premier est comment l’animal est présenté. La vache et la poule sont montrées sous leur meilleurs jour, propres, mignonnes, stratégie souvent utilisée dans les publicités pour animaux de compagnie (chats, chiens, etc...). On ne peut généralement que les voir de cette manières sur des publicités pour le lait, le fromage ou les œufs, car ce sont des produits pour lesquelles notre cerveau de va pas faire de lien avec la souffrance ou mort d’autres être vivants. C’est une technique qui a pour but de « prouver » que les animaux sont heureux et ne cacher le fait qu’ils sont exploités, ce qui est à la limite de la publicité mensongère. Cependant le texte « Je ne suis pas un bout de viande. Je suis quelqu’un. Ne me mangez pas. » nous amène à un autre sujet, c’est-à-dire que notre cerveau ne fait presque plus le lien entre viande-animal. Lorsque nous allons au supermarchés et que l’on choisit sa viande, on sait qu’elle est animale, mais on ne réalise pas tout le processus que ce joli paquet amène. Cette technique est comme « douce » et ne cherche pas à provoquer comme d’autres techniques utilisées dans la lutte anti-spéciste. C’est une façon de dire : « Hey on ne me montre pas sur ton paquet de steak, mais c’est moi ne me mange pas ! ». Tout cela pour dire, si tu savais/réalisais, tu  ne le ferais pas.






La L214 est une organisation anti-spéciste très virulente qui  de ce fait lutte pour les droits des animaux. Sa stratégie pour toucher le public est tout à fait différente, elle montre la vérité pour choquer, pour que les images restent en tête. Sur cette affiche on peut voir une oie qui se fait gaver de force pour produire du foie gras. Il y figure aussi la phrase « le foie gras, quand on sait, on arrête », ce qui explicite quasi directement le « non lien » fait par notre cerveau entre la viande et l’animal. De plus, elle utilise le pouvoir de la culpabilité : « Si tu continues à manger ce foie gras, tu sais ce que tu fais, tu es donc coupable de cette souffrance. » Elle fait faire donc directement le lien entre la souffrance animal et le produit alimentaire. Il y a bien sure pleins d’autres affiches, documentaire qui existent et sont toujours crées pour défendre et promouvoir cette cause à chaque fois avec des tactique plus au moins agressive pour nous faire réaliser l’ampleur de notre alimentation. Cependant les effets ne sont souvent que temporaires pour certaines raisons qui parfois sont inexpliquées.

En conclusion nous pouvons dire que le spécisme dans notre société est fortement présent non seulement car cela provient de notre région, de notre culture, mais aussi parce qu’il est encouragé par le graphisme qui cherche à cacher l’histoire du produit qui peut potentiellement choquer/dégouter. Cette tactique de vente est logique et compréhensible si l’on se concentre sur le «bénéfice » que cela apportera, cependant sa conséquence est dramatique. L’aveuglement des acheteurs ne peut qu’impacter l’aliment (l’animal) et les conditions dans lesquelles il est produit (tué). L’exploitation et la mort des animaux que ce soit pour l’homme ou l’animal de compagnie est gommée le plus possible afin de nous faire oublier les parties moins jolies qu’amène la viande, les œufs ou le fromage. Et cela n’est pas un hasard, peut-être une mise en question est nécessaire ?


L214
Mark